collectif CONTRAST

consentement capacité contrainte santé mentale

Les 1ères rencontres soignantes en psychiatrie organisées par la revue Santé Mentale, 25 novembre 2015

La revue Santé mentale organisait le mercredi 25 novembre les 1ères rencontres soignantes en psychiatrie, en parallèle au Congrès Français de Psychiatrie. Il s’agissait de susciter et mettre en valeur la réflexion des soignants sur leurs pratiques. De ce point de vue, la journée a été un succès. Elle a également rencontré son public, en rassemblant plusieurs centaines de professionnels de la psychiatrie.

Psychiatres, psychologues, sociologue mais aussi souvent infirmiers et parfois chercheurs en soins infirmiers sont intervenus dans plusieurs tables-rondes qui déclinaient sous différents angles une même question : « comment créer une relation de soin avec le patient schizophrène ? ». Livia Velpry participait à la première session, intitulée « Comprendre la difficulté d’être en relation avec un patient schizophrène ».

Tout au long de la journée, les interventions et débats, de grande qualité, ont abordé très directement les préoccupations du collectif Contrast. L’usage des règles par les soignants et les enjeux de la formalisation des pratiques, notamment celles ayant une dimension contraignante, ont ainsi été souvent évoqués. Les incertitudes sur le consentement et la participation de la personne dans la dynamique de la relation de soin, ainsi que les façons de prendre en compte les préférences de la personne ou son expérience étaient également très présentes.

On citera par exemple le travail d’identification des dimensions informelles des pratiques infirmières lors de l’accueil d’un patient en unité d’hospitalisation présenté par Jean-Paul Lanquetin (Groupe de Recherche en Soins Infirmiers – CH St Cyr au Mont D’Or), ou encore la mise en oeuvre du dialogue de crise, une technique formalisée de gestion de la crise psychotique qui vise à offrir à la personne un espace d’expression de son expérience, notamment délirante, présentée par Gilles Bangerter (avec Alexia Stantzos – HESAV de Lausanne).

Une session abordait sous différents angles les pratiques destinées à « contenir le patient schizophrène et ses angoisses ». Les réflexions sur les façons de faire des professionnels dans les moments de réponse à l’agitation mettaient là encore en jeu la question de la formalisation des pratiques. Après une intervention insistant sur la dimension contextuelle et relationnelle de l’agitation (Patrick Raoult, Université de Grenoble), Dominique Fontaine (UMD Montfavet) a ainsi retracé l’évolution récente de l’encadrement juridique, administratif et éthique de la mise en chambre d’isolement. Rendant compte d’une démarche de production d’outil d’évaluation des pratiques, Ahmed Benaïche (CH de Valenciennes) a présenté une grille d’analyse de la gestion de l’agitation. Enfin, Raymond Panchaud (Fondation de Nant) a apporté des éléments qui définissent le packing, ou enveloppement humide de personnes psychotiques adultes, comme une pratique thérapeutique.

Au terme de cette session, apparaissait l’importance de prêter attention à la façon dont est réalisée l’intervention physique, en situation d’agitation : quel est savoir-faire mobilisé, quelle est la formalisation utile, quelle dimension thérapeutique peut être revendiquée quand il s’agit de contenir physiquement en situation d’agitation ?

Le résumé des interventions est d’ores et déjà disponible sur le site de la revue  et les enregistrements vidéos seront bientôt accessibles.

Publicités

Les commentaires sont fermés.