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ThriveNYC, un plan d’action pour la santé mentale à New York

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La ville de New York lance un plan d’action pour la santé mentale de ses habitants. Le maire de New York l’a annoncé fin novembre, lors d’une conférence de presse tenue avec son épouse, la première dame Chirlane McCray, à la tête du projet. L’initiative ThriveNYC – A Roadmap for all est ambitieuse. Considérant la santé mentale comme un défi de santé publique de premier plan pour la ville de New York, elle veut couvrir tous les besoins en santé mentale et s’adresser à tous les newyorkais, quel que soit leur âge et leur situation de vie.

La feuille de route, mise en valeur dans un clip diffusé sur youtube et sur un site dédié accrocheur, est organisée autour de six principes directeurs : Changer la culture, Agir tôt, Eviter les ruptures de traitement, Faire des communautés locales des partenaires, Mieux utiliser les données, Renforcer le gouvernement dans sa capacité à diriger. Elle se décline ensuite en 54 mesures, pour un financement de 850 millions sur quatre ans.

En matière d’accès aux soins, au-delà de mesures relativement habituelles qui visent à déstigmatiser les personnes ayant des troubles mentaux et à mieux les repérer (campagne de santé publique, un numéro vert, le dépistage généralisé de la dépression post-partum dans les maternités…), le plan propose des approches moins courantes, du moins en France, de mobilisation communautaire. Parmi les mesures phares, on compte ainsi un programme de formation calqué sur le modèle des premiers secours, first aid mental health, qui propose une formation aux techniques de repérage et de réponse aux troubles de santé mentale manifestés par des personnes dans l’environnement immédiat.

Le plan inclut également des mesures concernant l’articulation entre traitement et justice, déjà annoncées par le groupe de travail sur la santé comportementale et la justice pénale (Task Force on Behavioral Health and the Criminal Justice System) en décembre dernier. Ce groupe de travail a été constitué en juin 2014 avec la mission de « réduire le nombre de personnes ayant des problèmes de santé comportementale dans le système pénal », suite à plusieurs scandales médiatisés (évoqués par Yasmine Bouagga dans un récent article, Incarcération totale). Le plan d’action proposé, dont le financement de 130 millions de dollars sur quatre ans vient d’être détaillé officiellement, est centré sur deux objectifs : réduire la présence des personnes ayant des troubles de santé mentale dans le système judiciaire et carcéral, et permettre aux personnes incarcérées d’accéder aux soins (voir billet précédent).

Reste donc à suivre la façon dont cet ambitieux plan porté par une municipalité se traduira en actions dans les mois à venir.

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