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Les rencontres de la recherche en soins en psychiatrie

La 2nde Rencontre de la recherche en soins en psychiatrie s’est tenue à Lyon ces 27 et 28 janvier. Organisées notamment par Jean-Paul Lanquetin et le Groupe de Recherche en Soins Infirmiers, ces rencontres ont développé au moins deux thématiques qui intéressent le Collectif.

Ces rencontres ont d’abord souligné l’importance des recherches sur la place de l’informel dans le soin, et des enjeux de formalisation du savoir clinique. De nombreuses interventions ont souligné la fécondité des recherches menées par le GRSI sur le soin informel. Partant du constat d’une « insuffisance de recensement du réel de l’activité en soins infirmiers », ces travaux entendent « rendre visibles » de nombreuses dimensions de l’activité infirmière en psychiatrie, et donner un « statut » aux savoirs qu’ils mobilisent. Ils ont conduit à identifier, par l’observation de très nombreux « mini-actes », « micro-actes », (plus de 3000 !), les « fonctions » du soin infirmier, ce concept permettant de prendre en compte aussi bien pour les auteurs le soin direct (en interaction avec le patient) que le soin indirect (en interaction avec les autres professionnels, l’équipe et l’administration). Réfléchissant au statut du savoir infirmier, les auteurs ont inscrit ces fonctions dans les différents domaines et disciplines scientifiques qui contribuent à la formalisation des savoirs infirmiers. Les exemples donnés de la référence à ces savoirs dans le cadre de pratiques de formation ont souligné la pertinence d’une réflexion sur leur formalisation.

Ces rencontres ont permis également de présenter des travaux très riches autour des problèmes de la contrainte et la contenance dans le soin, tout particulièrement les travaux des équipes de recherche de la Haute Ecole de Santé de Vaud. Raymond Panchaud et Krzystof Skuza ont présenté une recherche interdisciplinaire, impliquant psychologue, sociologue, infirmiers, portant sur l’utilisation de l’enveloppement (packing) comme technique de soin. Loin des polémiques françaises sur ces questions, les chercheurs suisses soulignent des résultats étonnants : la forte approbation des patients qui ont expérimenté ce type de soin ; l’usage clinique beaucoup plus que diagnostic de cette pratique qui ne correspond à aucun diagnostic bien identifié ; enfin, la baisse de consommation de médicaments qui accompagne la réalisation de ces soins. Alexia Stantzos et Gilles Bangerter ont présenté une recherche sur l’utilisation « d’un dispositif musical en chambre d’isolement », qui a notamment été financé par un don de patient ! Cette recherche a souligné l’intérêt d’ouvrir des possibilités de choix au patient enfermé dans une chambre de soin intensif, celles-ci introduisant des discussions entre patients et soignants.

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