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« Accompagner à la défense des droits en santé mentale ? » : billet sur la séance n°2 du séminaire Ehess-Ehesp-Collectif Contrast

Cette seconde séance du séminaire « HANDICAP, EXERCICE DES DROITS ET PARTICIPATION : ENTRE CONTRAINTES ET ACCOMPAGNEMENT » a permis de discuter des enjeux de l’accompagnement à la défense des droits à travers le problème plus spécifique de « l’accès à la justice et aux tribunaux », ce problème ouvrant cependant sur celui plus général de l’appropriation du « système juridique » par les justiciables, et notamment ceux qui sont en situation de spécifique vulnérabilité.

Anne SARIS (Professeure au Département des sciences juridiques, faculté de science politique et de droit, Université du Québec à Montréal) a présenté « L’accompagnement juridique des personnes en situation de vulnérabilité en Amérique du Nord et ses défis à partir de l’expérience de la Clinique juridique itinérante ». Isabelle BILLARD (Avocat à la cour d’appel de Paris), s’est interrogée sur « Soins sans consentements, mise sous protection, comment accompagner la défense des droits ? ».

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Les débats sur la contention et l’isolement aux journées de l’Adesm

Les journées de l’Association des Etablissements participants au Service Public de Santé Mentale (Adesm) qui se sont tenues les 24 et 25 novembre derniers ont été très riches. Nous avons assisté tout particulièrement à la seconde journée, avec notamment les interventions très discutées de Denys Robiliard, d’Adeline Hazan, et de la directrice de la DGOS, mais aussi différents échos d’expériences en France ou à l’étranger. Le thème de l’isolement et de la contention a été particulièrement discuté, faisant souvent écho aux débats de la journée Immobilisation.

Adeline Hazan est revenue sur le rapport « L’isolement et la contention dans les établissements de santé mentale », publié par le CGLPL, la contrôleure soulignant qu’elle avait décidé qu’il s’agirait du premier rapport de cette collection d’analyses thématiques en raison de l’importance du sujet.

L’augmentation relatée par tous les témoins du recours à ces mesures ne fait pas l’objet d’explications satisfaisantes. A côté des explications les plus souvent données (une baisse des effectifs, des traitements aux effets moins forts), Adeline Hazan donne son sentiment que cette augmentation serait corrélée à la « montée d’un climat sécuritaire » : « les patients seraient de moins en moins considérés comme une personne à soigner, et de plus en plus comme des personnes dangereuses ». Lire la suite


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« Interpellations » : billet sur la séance n°1 du séminaire Ehess-Ehesp-Collectif Contrast

Expériences et enjeux de participation en contexte de vulnérabilité : santéhandicaps, précarités-pauvreté

« De quel point de vue le chercheur se place ? Quelles sont les implications des motivations des chercheurs ? Quels sont leurs contre-transferts ? »

L’interpellation de « militants » du « handicap » a été immédiate, ou presque. Fabrique-t-on ici de l’espace public, ou de l’espace « anti-public » ? La mise en garde du regard sociologique fait écho aux questions de militants.

Et puis, le souvenir de Joseph Wresinski à la Sorbonne, aux universitaires, « vous venez voler la vie des gens, vous en vivez, mais vous ne pouvez accéder à leur jardin secret ».

Mise en garde précieuse, qui donne à réfléchir.

Mise en garde qui ouvre sur des questionnements méthodologiques : les groupes de pair et les groupes de plénières, les moments mixtes et les moments non mixtes, pour gagner en pouvoir, pour prendre conscience de son pouvoir ; et puis aussi l’importance du partage des comptes-rendus, des apprentissages mutuels ; et puis aussi, les appartenances, les propriétés ; celles des paroles, des écrits, du temps.

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Etats-Unis : entre violences policières et préoccupation politique, quel traitement médiatique pour les personnes vivant avec des troubles mentaux?

La presse américaine et internationale est souvent secouée par des faits-divers relatant la mort de personnes afro-américaines, tuées par la police dans des circonstances ambiguës – donnant même naissance au mouvement #BlackLivesMatter, qui lutte contre le racisme systémique aux Etats-Unis.

Depuis plusieurs années, on voit monter un autre genre de violences policières   considérées largement comme illégitimes, envers les personnes vivant avec des troubles mentaux. Les préjugés négatifs (implicite biases, en anglais) envers cette population sont une partie du problème, alors que le manque de formation des forces de police en est le complément. Dans un contexte américain où les personne atteintes de maladie mentale sont souvent confrontées au sans-abrisme, les policiers n’apprennent pas assez à gérer les crises psychiatriques qui se déclarent parfois dans l’espace public. Ainsi, on recense depuis le début des années 2010 plusieurs faits-divers impliquant directement des policiers dans la mort de personnes malades psychiques.

Tonya Tartour a rédigé ce mois-ci un article pour le site The Conversation revenant sur ces différentes histoires de violences policières, et leur traitement médiatique. L’article insiste aussi sur la parole politique d’Hillary Clinton qui fait la part belle à la santé mentale dans son programme présidentiel.

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Je rêve qu’on me rétablisse ma capacité civile…

« Je rêve qu’on me rétablisse ma pleine capacité civile »… Ce ne sont pas les mots de militants promouvant la convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées, ni ceux d’un livre de sciences sociales ou d’un essai journalistique… Ces mots sont ceux de Katia, héroïne d’un film russe au titre révolutionnaire « Manuel de libération ». Des mots qui viennent dire la lutte de résidents d’une institution neuro-psychiatrique dans la Russie contemporaine, comme ceux de millions de citoyens, de par le monde, dont l’exercice des droits sont restreints.

Dans Manuel de Libération, la lutte est d’abord et surtout une expérience de survie, avec les compagnes et compagnons d’infortune. Elle est aussi sans doute politique : interroger le pouvoir des proches, des experts, des juges.

Suivre Katia dans sa demande de rétablissement de sa capacité civile, c’est l’écouter revendiquer un pouvoir sur ses fréquentations, son alimentation, son travail, ses choix musicaux, ses vêtements. C’est l’écouter prendre l’avis de ses proches, de professionnels qui l’accompagnent. C’est l’écouter demander la possibilité de choisir son lieu de vie.

Suivre Katia nous emmène dans des salles d’audience du fond de la Sibérie, qui ressemblent à celles d’une salle d’audience improvisée dans un hôpital psychiatrique de Paris ou New York. Il n’y a pas de drapeau , mais une photo du président et du premier ministre ;  les juges y portent une robe noire, les assesseurs restent silencieux. Lire la suite